Arthur

Je ne sais pas si les hasards existent, mais là, ça n'en est pas un. Ça aurait pu, il est vrai, mais ça ne l'est pas. Arthur est le frère d'Abel.
Tout à commencé il y a longtemps, lorsque les deux jumeaux vivaient encore ensemble. Arthur adorait son frère, aussi violent et étrange soit-il. Fusionnels, ils ne vivaient que l'un pour l'autre. Le jeune enfant ne se rendait pas compte de ce que son frère était capable de faire pour rester près de lui, et jamais il n'a compris pourquoi ses animaux favoris disparaissaient les uns après les autres. Il ne savait pas, dans son âme innocente, que son frère pouvait tuer pour lui ...
Lorsque Abel est parti en institut, ses parents n'ont pas osé l'avouer à leur fils. A lui, et à tous les autres, ils ont fait croire à une mort accidentelle. Et Arthur ne s'en ai jamais remis. Il à grandi, seul, Comme un garçon de son âge doit le faire. Maintenant libéré de la folie de son frère, il n'a jamais réussi à se faire des amis pour autant, ne pouvant s'empêcher de juger que son frère ne les aurait pas aimé de toute manière. Les années passèrent, et vint le transfert d'Abel ici. Bien entendu, le jeune garçon croyant son frère déjà mort ne sut rien des évènements que subissaient son jumeau... Mais il était bien souvent malade. Quand Abel fut mis mal en point, il attrapa une mystérieuse maladie qui le laissa presque pour mort, mais il en réchappa, le cœur brisé pour une raison qu'il ne comprenait pas. Jamais il n'avait été aussi mal. C'était comme si son cœur venait d'être arraché de sa poitrine, comme si une partie de lui même était partie avec la maladie...

Un jour que ses parents, absents, l'avaient laissé seul à la maison, il avisa une lettre à demie brûlée dans la cheminée. Il ne comprit pas tout de suite le contenu de la missive, la moitié étant calcinée, mais le principal était là, son frère n'était pas mort. Il était dans un institut pour personnes mentalement déficientes quelque part dans le pays...

Que faire. Il ne savait pas ... comment expliquer cette lettre ? Ses parents lui avaient-ils menti? Son frère était mort, il y a des années de cela ! Il devait voir ça de ses propres yeux !

Il ne vit pas, en sortant, la lettre qui gisait sur le pallier. Sûrement le facteur aurait-il du sonner pour la lui donner en main propre, peut être pas. Toujours est-il qu'elle était là, blanche cachetée de rouge, sur le tapis de sol devant la porte d'entrée. Avec l'argent de son père caché ans un bocal de la cuisine, Arthur se paya le taxi et arriva, de nuit, devant l'imposant hôpital... Il n'était pas très sportif, ce jeune homme en pantalon serré et chemise immaculée, mais rien ne lui faisait peur. c'est souvent ce qui arrive aux enfants qui n'ont jamais rien eu à craindre, il n'ont pas peur. Peut être n'aurait-il pas sauté la barrière hérissée de pics cette nuit là sinon, peut être que si. Si ça se trouve, il n'aurait pas couru sous le couvert de la foret jusqu'à l'entrée principale... Il n'aurait pas pénétré, de nuit, dans le grand bâtiment. Que faisait donc cette grande porte ouverte à une heure pareille ? Étrange n'est ce pas ? Il visita tout l'hôpital de fond en comble, sans jamais rencontrer personne. 0 travers les fentes des portes, de nouveaux visages se succédaient, parfois dans l'ombre inquiétante, parfois en pleine lumières, de personnes inconnues, puis, au terme d'une course aussi effrénée que bruyante, il arrive devant la cellule de son frère. Comment était il arrivé là ? Il y a des gardes la nuit non ? d'autant plus devant chez "nous" ... Ça, je crois que je ne le saurai jamais... Comment se fait-il que la porte de son frère était ouverte ? Comment a-t-il pu s'enfuir avec lui jusque la route en contrebas ? C'est un mystère, et pas des moindres...
Ce soir là, une paire de phares blanc éclaira soudain le visage effrayé du jeune Arthur. Dans son dos, son frère qu'il aimait tant, celui qu'il n'avait pas vu depuis moult année... Abel venait de le pousser sur la route. Pas une larme coula de ses yeux lorsque le corps désarticulé d'Arthur retomba sur le bas côté. Pas un seul cri ne s'échappa de sa gorge quand il vit la voiture détaller pour ne plus revenir. Calmement, sans un bruit, il a attendu qu'une équipe vienne chercher le corps de son frère et est retourné dormir dans sa cellule.

Lorsque leurs parents sont revenus quelques jours plus tard de leur voyage d'affaire, ils ont trouvé eux lettres sur le sol devant leur maison. Peut être le facteur aurait-il du leur remettre en main propre... sûrement. Deux lettre, toutes les deux du même endroit...L'une pour leur annoncer que l'urne de leur premier fils était toujours en attente de leur venue, l'autre pour leur annoncer que les cendres de leur deuxième fils les attendaient à l'institut. Leur mère ne se remit jamais du choc. Elle fut internée dans ce même hôpital pour les fous, mais ils ne la voient jamais. Leur père s'est remarié depuis, et a eu un autre enfant, sain de corps et d'esprit...

Le corps d'Arthur n'a jamais été brûlé. Il ne le font plus depuis Peeter, ou du moins depuis qu'ils se sont rendus compte qu'un temps d'incubation était nécessaire.
Arthur va nous rejoindre demain. Nechroz est heureux, il peut être fier. Grâce à lui, un nouveau membre est entré à notre club...
Le nom qui figure sur le bord du dossier... Gangren.

Nouveau membre

L'hiver est passé... Le beau temps à l'air d'avoir du mal à s'installer, mais j'essaye de sortir de temps à autre. La pluie tombe sur la capuche de ma veste, ruisselle sur mes bottes noir... J'aime bien la pluie... Je ne sais pas pourquoi, je me sens un peu comme en adéquation avec elle. Peut être son caractère à la fois joyeux et nostalgique ... Parfois un rayon de soleil rieur s'amuse à accrocher des reflets d'or à ma chevelure noire, à brûler mes yeux fatigués. Je n'arrive vraiment plus à dormir ces derniers temps...

Là, dans les arbres en fleur que le printemps à fait renaître, je flâne. Entre mes mains glacées, un rapport que j'ai "volé". Un rapport qui traînait bizarrement sur le bord d'un bureau, comme par hasard... C'est celui d'un nouveau membre, qui va nous rejoindre demain...

incertitude

Ça fait plusieurs jours que Peeter se promène au dessus de ma tête l'air de rien. Je ne le vois pas toujours, seulement quand il le veut bien. En fait, je suis souvent seul, comme avant, et il déboule de nul part à travers un mur ou la porte. Je l'aime bien ce petit gars. Il a un physique assez spécial, vraiment différent du notre tout en étant similaire. Sa peau ectoplasmique est blanche comme la neige et ses cheveux rouges comme le sang. Il aime bien flotter au dessus de ma tête et laisser courir ses longues mèches écarlates sur les miens. Le contraste est saisissant. Le rouge et le noir ainsi mélangés... Je me sens moins solitaire maintenant qu'il est la. C'est un peu bête à dire, mais j'ai parfois l'impression qu'il est juste issus de mon imagination, mais tant pis. La nuit va bientôt tomber, les autres discutent entre eux dans leurs cellules respectives. Mes yeux se ferment tout seuls, je suis réveillé depuis tôt ce matin. Habituellement je dors jusque tard mais en ce moment je n'y arrive pas. De drôles de pressentiments...

Une lumière est venue frapper mes paupières fermées. C'est Peeter, qui passait justement devant mon visage. Il luit doucement dans la nuit, comme toujours. Mais d'habitude il ne me réveille pas comme ça, qu'est ce qui lui arrive? Ho ! La porte est ouverte ! Je vais pouvoir sortir, enfin...
Je ne suis pas sur qu'ils soient contents que j'ai fait ça, mais je suis directement allé au bureau du directeur essayer de trouver quelque chose sur Peeter ou cet homme aux oreilles effilées. Bien sur je n'ai rien trouvé sur l'homme. Mais j'ai finalement trouvé le dossier de "Mysair". Il n'était pas rangé avec les nôtres mais avec ceux des "ratés"... Si ils savaient... Pauvre garçon qui a vécu une deuxième mort affreuse... Mais il n'est pas dit qui il était. Seuls son autopsie et le rapport des médecins sont inscrits ici. A lui aussi ils cachent donc la vie, je ne saurais pas qui il est non plus. J'ai refermé le dossier, dépité, et je suis sortit de la salle. La porte de la machine m'attendais, ouverte, et je me suis assis pour lire quelques pages d'un magasine posé là. J'ai glané quelques petites choses à ramener aux autres, dont un beau pull blanc en laine douce. Je n'ai pas réussi à me détendre comme autrefois. Je n'arrivais pas à penser à autre chose que les yeux dorés de cet homme aux oreilles longues...

L'autre

Je m'ennuie. Je n'ai toujours pas le droit de sortir de ma cage de verre, et je ne sais pas quoi faire. j'ai compté les capitons des murs de ma cellule, j'ai regardé les oiseaux passer par la fenêtre, j'ai compté les secondes... Je sens que je deviens aussi fou que ceux qui sont derrière la grande porte sécurisée qui nous séparent du monde. Les autres ont eu le droit à leur balade journalière et son en train de s'amuser dans notre jardin privé. Pas moi. Pourquoi? juste parce que j'ai rencontré ce drôle d'homme l'autre jour? En attendant je suis là, tout seul, et j'écoute mon cœur battre lentement. Un ou deux battements la seconde. Ils disent que c'est normal. Il bat même plus vite que celui des autres, c'est pour ça que je suis plus "éveillé". C'est long une minute. Surtout quand on s'ennuie. J'entends la porte qui s'ouvre. Ils ne sont pas restés très longtemps dehors... Hum? Tiens, ils ne sont pas là? Non, quelqu'un à juste déposé un paquet devant la porte et est parti. Ma porte est ouverte... Qu'est ce que c'est? des feuilles et un crayon... Pourquoi ils m'ont donné ça ? Bah... Après tout, pourquoi pas. C'est mieux que de compter les minuscules montons quasi inexistants sous le lit. Qu'est ce que je vais bien pouvoir dessiner? Oui dessiner, parce que écrire, je n'ai pas envie. Au vu du stylo, je pense qu'ils veulent que je leur raconte quelque chose, mais je préfère dessiner. Apparemment je devais être plutôt doué dans ma vie passée. Ma main glisse toute seule, sans que j'ai à réfléchir. Je ne sais pas vraiment ce que je suis en train de faire, on dirait un réflexe. Une joue, une boucle soyeuse... quelques traits de crayons plus tard, et une Pestilense au regard triste m'observe... Pas mal. Et Nechroz ? 3 coups de crayon et mon compagnon de misère repose lui aussi sur le papier blanc. Puis un oiseau. Puis un arbre. Puis un cheval, comme ceux que j'ai pu voir dans les magazines de la salle d'attente. Petit à petit, sans que je m'en rende compte, les minutes ont passées. Je ne m'étais jamais autant amusé ! Je ne sais jamais ce que ma main s'apprête à dessiner... Un chien ! Qu'il est mignon ! Tiens? Voilà Pestilense et Nechroz qui rentre. Je ne leur en veux pas d'être allés s'ébattre à l'extérieur. J'ai trouvé plus interessant que regarder l'herbe pousser. Mince... Il ne me reste plus qu'une feuille... Je vais la garder de côté, j'aurais peut être envie de dessiner quelque chose de spécial tout à l'heure. De toute manière le repas arrive. Champignons à la sauce aux groseilles, ils se sont surpassés! avec du pain au lait fourré avec du fromage bien fait. Il y a aussi un grand verre de café à l'orange. Tout ce que je péfère! Je crois qu'ils essayent de faire pardonner mon emprisonnement. Ouais... tiens? y'a un apareil avec. C'est marqué "disque man"... Je connais pas, mais apparement on peut écouter des choses avec. Effectivement, il y a dedant un "disque" avec des choses écrites dessus. "Je M'ennuie", "point de suture", "Hard Rock Halléluja"... Que des noms bizarres... Bah, j'écouterai ça après.


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La musique berce mes oreilles. C'est pas trop mal. Mieux que ces morceaux ennuyeux qu'ils nous font écouter lors des tests. Ça donne envie de se mettre à la musique. J'aimerais bien jouer de la guitare ici, mais ça m'étonnerais que l'un des malades laisse trainer ce genre d'instrument dans l'hôpital... Tiens le chanteur de celle ci a une belle voix suave. Ça me rappelle celle de l'homme de la salle d'attente. Je sais ce que je vais faire de cette dernière feuille! Je vais le dessiner, lui, pour graver à jamais son regard dans ma tête ! Ma feuille, mon stylo... Par quoi je vais bien pouvoir commencer...


*Ne le dessine pas*

Quoi? ... Je dois entendre des voix, la solitude ne me réussi pas...

*Ne fais pas ça, ne le dessine pas!*

D'où viens cette voix ? Ont-ils mis un haut parleur dans ma chambre? Ou alors ... Je commence à entendre des voix ?

* Bien sur que non je ne suis pas dans ta tête !*

Où est tu alors? Montres toi !

*C'est que tu n'as pas bien regardé ! Je suis là.*

Harg ! Qu'est ce que c'est que ça ! Des cheveux? Pas seulement... Il y a deux grands yeux noirs au bout... et un visage souriant. Devant moi, flottant juste au dessus de mon coprs, il y a un jeune homme aux yeux cernés et au sourire doux. C'est... C'est...

*Un fantome oui.*

Je n'arrive pas à y croire. A son aspect, il semblerait qu'il soit l'un des notres. Mais je n'ai jamais entendu parler d'un autre spécimen !


*Je suis l'un des votres oui. Mais je ne suis pas pareil. Mon corps est mort. Ils ne savent pas que je suis là.*

Ton corps est mort ?

* Oui. Ils ont voulu me reveiller, comme toi, mais ils n'ont pas attendu assez longtemps. Alors mon corps est mort*

Je ne comprend pas...

* Ils l'ont brûlé. Ils ont cru que je ne me réveillerais pas, alors ils l'ont brûlé.*

Ho... Désolé. Mais... pourquoi tu ne veux pas que je le dessine?

*Ils n'attendent que ça. C'est encore l'une de leurs expériences...*

Vraiment?? Très bien... Dis moi, heu... Comment tu t'appelle?

*eux voulaient m'appeler "Mysair". Mais en vérité, je m'appelle "Peeter"*

Le silence

Voilà plusieurs jours que je suis bloqué dans ma cellule. J'en ai assez. Le silence est pesant pour moi. Comme ma "cage" est loin de celles des autres, je ne peux pas discuter avec eux. Je les vois vaguement bouger, quand je me met à l'extrême bord de la grande vitre qui clôture mon espace. Mais je ne les entends pas. Pourquoi ils m'ont mis si loin? il y a une dizaine de cellule le long du couloir, chacune équipée d'une petite fenêtre donnant sur le parc. D'ailleurs, j'ai plusieurs fois tenté de trouver où nous étions par rapport au bâtiment lui même vu de l'extérieur... Mais j'ai beau retrouver exactement la même vue que de ma fenêtre, je n'arrive pas à la distinguer sur les façades. Notre existence est bien cachée... Celle de l'homme que j'ai croisé l'autre nuit aussi d'ailleurs. J'ai beau me triturer les méninges, je ne me souviens pas d'avoir vu autre chose que des malades par les fenêtres du quartier des grands malades. Jamais encore je n'avais vu cette silhouette tellement caractéristique. Et ces yeux... Ils vous transperçaient jusqu'à l'âme. Que faisait-il ici ? Je suis persuadé qu'il n'est pas nouveau ici. Peut être même était il ici avant moi. J'ai envie de le revoir, de lui poser des questions. Quelque chose, dans sa voix, me fais penser qu'il ne doit pas avoir de la compagnie souvent. Elle était un peu éraillée, comme si sa gorge était sèche et poussiéreuse...
Nous avons tous des stigmates qui nous restent de nos blessures passées. Il ne me reste que cette balafre sur le front. Peut être en avais-je d'autres, mais si c'est le cas elles sont dissimulées sous les tatouages qui couvrent mon corps. Celles de Nechroz ne sont pas tout à fait guéries pour certaines, et ne le seront jamais, mais jamais encore je n'avais vu des plaies comme le trou béant qu'il avait dans la tempes. Un liquide étrange s'en écoulait... Mais je ne peux pas en savoir plus. L'équipe de nuit qui s'occupait de nous ne vient plus, seule l'équipe de jour vient nous apporter nos repas. Nous ne pouvons même plus sortir de nos cellules dans notre quartier, au cas où ... J'en ai assez d'être confiné ! Laissez moi sortir !!!

rapport mensuel numéro 83

Suite à une erreur de notre part, l'une des visites de N°1 a été programmée en même temps que N°2 était de sortie. Les gardes nous avaient pourtant assurés qu'il ne comptais pas bouger ce soir là, apparemment ils s'étaient trompés. Ils auraient du fermer la porte de leur pavillon, toute l'équipe a été congédiée. Fort heureusement, il semble que la rencontre entre les deux spécimens ai été très brève. Les surveillants de nuit se sont vite rendus compte de l'erreur de leurs camarades et ont séparés N°2 et N°1 avant qu'ils n'aient eu le temps de se parler. Je sais que N°2 va se poser des questions, mais nous ne pouvons répondre à ses questions pour le moment. Il est déjà regrettable qu'il ai eu connaissance d'un autre membre de sa "race". Il va falloir de toute urgence réparer la machine en salle d'attente des soins intensifs pour que N°1 n'ai plus à se rendre dans ce bâtiment.

tant que l'ancienne équipe ne sera pas remplacée, nous ne pourrons permettre les vagabondages de N°2. sa cellule sera fermée à clé.

Lui

Je suis toujours à la recherche de différents jouets et vêtements pour mes deux amis. J'aime quand le regard de Pestilense s'allume lorsque je lui ramène quelque chose. J'aime la voir se glisser dans les pulls avec délectation et laisser glisser ses mains sur le dos des poneys laissés par les enfants de passage ... Elle n'est pas difficile, comme nous, en ce qui concerne la nourriture, mais je sais qu'elle aime, tout comme Nechroz, les sucreries. De temps en temps, je passe dans la salle d'attente, où les machines distribuant la nourriture sont rangées sagement. Lorsque je passe le soir, il y a toujours la petite clé qui permet d'ouvrir la machine dans la serrure. Elle n'y est pas la journée, je le sais, pour être parfois venu me promener par ici en pleine journée. Il y a tellement de monde ici, et ils sont tous tellement fous ou occupés qu'ils ne prennent pas garde à moi. Mais voir la douleur de ces gens m'attriste, alors je n'y vais que rarement. Il est arrivé qu'une personne reste toute la nuit dans cette salle. Dans ces cas la non plus la clé n'est pas là. Alors je sais qu'ils la laisse pour nous. Je ne prend jamais plus que nécessaire. Il n'est pas bon de trop profiter des largesses dont on fait preuve à notre égard si on veut en profiter longtemps... Généralement, je prend deux barres chocolatées, pour mes deux compagnons, et une boisson fruitée pour moi. Jamais plus. Lorsque je suis servi, je vais déposer la clé dans le bureau du directeur, sur le petit tableau où toutes ses semblables l'attendent.

Ce soir, je me suis rendu devant la machine. Quelque peu surprit de voir que les hommes qui veillent sur nous n'étaient pas là (malgré leur discrétion, je me suis rendu compte tout de suite de leur présence), j'ai ouvert la porte de nos quartiers privés et ai parcouru la distance qui nous sépare de la salle d'attente. Comme tous les soirs, la clé était sur la porte de la machine, mais lorsque j'ai posé ma main sur la vitre de l'appareil, la porte s'est ouverte béante. Étrange, il me faut toujours tourner la clé pour ouvrir habituellement... Peu importait, je me suis servi et m'apprêtait à repartir lorsque j'ai senti un présence derrière moi... Je me suis retourné lentement...

Là, sur un fauteuil, se tenait l'homme le plus étrange qu'il m'ai été donné de voir... Sa peau, blanche comme la mort laissait apparaître ses veines bleutées. Ses cheveux, noirs comme le jais, courraient sur ses épaules et couvraient une partie de son visage. Ses yeux d'ors me dévisageaient, un peu comme si il me connaissait mais qu'il me voyait pour la première fois, tentant de graver mon image dans sa mémoire. De chaque coté de sa tête, deux immenses oreilles effilées pointaient vers le ciel...
Il s'est levé et s'est approché de moi. Je voulais fuir, mais mes jambes semblaient figées. Il a secoué sa longue chevelure et je pu voir, à l'une de ses tempes, un trou béant d'où suppurait un peu de liquide noirâtre... A cet endroit les veines étaient plus soutenues, mais je ne pouvais en voir plus, ses cheveux reprenant leur place initial. Mais une chose était certaine... Il était des nôtres. Il s'est arrêté devant moi, à soulevé une mèche qui retombait sur mon épaule et à murmuré, comme si sa gorge avait du mal à laisser passer l'air :


"Bonjour mon fils".
 

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